Préambule.

 

Ce rapport 2003 est la septième édition depuis la première demande du Ministre, en 1997 nous chargeant

v                     d'examiner de quelle façon Internet pouvait participer à la compétitivité de nos entreprises

v                     de contribuer à la réflexion sur les actions à conduire notamment au profit des PME.

L'année 2002, amplifiant le mouvement amorcé en 2001 a été l'année des paradoxes avec une divergence totale entre le "monde réel" et le "monde financier" :

·                                  Une croissance très forte des usages tant pour les particuliers que pour les entreprises:

·                                  Un effondrement boursier des entreprises du secteur lié aux télécom et au commerce électronique qui paient les excès des 2 années précédentes: excès de la spéculation, excès de certains investissements, excès des acquisitions

La nouvelle économie poursuit son développement rapide mais loin des feux de la rampe : c'est au cœur des entreprises qu'elle apporte ses mutations

Il apparaît aujourd'hui clairement qu'Internet ce n'est ni du contenu, ni du contenant (ce n'est ni un "média" ni des télécom et encore moins une synergie entre ces deux métiers profondément différents), ni pour l'essentiel de la technologie, ni de la communication, ni de l'information (dans NTIC, seul N est à conserver!), que les sites web et le commerce électronique ne sont qu'une infime partie du problème, qu'Internet, outil extrêmement puissant et qui fera la différence dans la compétition n'est pas pour autant un "gri-gri" qui dispenserait d'avoir un vrai métier avec des vrais produits ou services, avec des vrais clients et un vrai compte d'exploitation

Internet est un outil de réseau, l'outil des transactions qui transmet des instructions opérationnelles autant que des informations. Il change en profondeur l'organisation des entreprises et permet des gains considérables en écrasant les coûts: couts administratifs permettant un redéploiement du personnel vers les clients, coûts d'achat, coûts de formation, coût du SAV et augmentation de son efficacité, en limitant les stocks et en cours et donc les besoins de capitaux pour opérer une entreprise, en réduisant temps et coût de conception d'un nouveau produit, en donnant les moyens d'un suivi logistique performant et en assurant aux "nomades" une connection à ce réseau aussi efficace qu'aux sédentaires

C'est un outil de compétivité de flexibilité et de réactivité: c'est en fait le nouveau système nerveux de nos entreprises: son appropriation n'est ni un problème technique, ni financier, mais culturel (organisation autour de la satisfaction du client) et organisationnel (accent sur un fonctionnement en réseau autour de projets avec un déplacement fort des mécanismes de pouvoir)

C'est aussi un outil de modernisation des administrations, leur permettant d'être plus efficaces, d'avoir des guichets électroniques disponibles en permanence, générant moins de frais pour les administrés grace à des procédures en ligne et à visage plus humain, les tâches "de bureau" étant automatisée les fonctionnaires devraient pouvoir être davantage disponibles pour leurs concitoyens

Internet, loin de "déhumaniser" réduit toutes les tâches automatisabes dans le cadre de process (comptabilité, approvisionnement, organisation de la production, suivi client, archivage, suivi qualité,…) et permet à l'inverse de redéployer le personnel vers de fonctions d'écoute client, de développement de partenariats, d'innovation, de conduite de projet

Internet entraine également une mutation profonde de l'organisation du tissu industriel: réduisant les couts et les délais des transactions interentreprises (production ou conception d'un produit nouveau) permettant l'indispensable traçabilité exigée des processus qualité, il conduit les entreprises à se spécialiser sur leur cœur de metier et à se configurer en "entreprise virtuelle" autour de projets (conception et construction d'un avion, chantier petit ou gand de BTP, tourisme,..), en accroissant sa capacité à s'adapter aux fluctuations chaque jour plus brutales du marché (jusqu'au cas extrême de la Fabless Company): à tel point, comme nous l'avons observé aux US, que symboliquement le "firewall", protection des informations sensibles contre les intrusions, n'est plus autour de l'entreprise à travers les entreprises mais autour du projet

Bien entendu, cela implique qu'une entreprise ne peut véritablement tirer bénéfice d'Internet que si cette évolution concerne simultanémentses founisseurs, clients et partenaires : c'est une des grandes difficulté qui confère aux pouvoirs publics et aux grands donneurs d'ordre une responsabilité particulère à travers le lancement d'action collective comme ce fut le cas, avec succès, dans le domaine de la qualité il y a quelques années

Internet introduisant de nouveaux modèles d'organisation, de nouveaux produits ou services, continue à offrir des opportunités nombreuses de création d'entreprises et la folie des start-up ne doit pas occulter l'importance toujours actuel de cet enjeu: tout simplement créer une entreprise redevient ce qu'elle a toujours été, une aventure difficile et risquée, mais indispensable à la vitalité et au renouvellement de notre tissu économique et qui en tant que tel, mérite une attention d'autant plus soutenue des pouvoirs publics que les financements se font rares.

Parmi les innombrables start-up qui ont disparu, certaines avaient développé des concepts qui ne nous paraissent pas pour autant condamnés: sans doute en avance sur leur temps elles avaient anticipé une adoption plus rapide de leurs produits ou technologies en sous-estimant la lenteur des évolutions des esprits, ou dans d'autres cas elles ont été poussées à un développement trop rapide, notamment à l'international par des investisseurs impatients et elles n'ont pas tenu le choc. Nous n'avons pas voulu gommer ces aventures qui seront sans doute reprises plus tard par d'autres, ni nous gausser de ces échecs, car même si le succès n'est pas au bout du chemin, le fait d'avoir oser créer mérite notre respect

Malheureusement nos nombreux déplacement à l'étranger, tant dans les pays du Nord qu'aux Etats Unis ou en Asie nous ont montré le creusement de l'écart entre nos entreprises et leurs compétiteurs : notre modèle sociologique d'entreprise, issu, comme dans les autres pays latins, de l'agriculture est basé sur "la défense de territoires", et donc sur le modèle hierarchique, ou la fidélité est plus reconnue que la compétence, peu adaptée à une organisation en projets partenariaux en réseau. Nos entreprises ont vu arriver Internet non comme une opportunité mais comme une menace et n'ont pas caché leur satisfaction devant ce qu'ils ont cru être l'effondrement de la "nouvelle économie" qui ne concernait en fait que les aspects superficiels et excessif, et ont totalement détourné leur attention de ce qu'elles considèrent aujourd'hui comme un mirage dissipé

Sur le plan géopolitique, à côté de la domination des Etats Unis et du niveau d'excellence de l'Europe du Nord on note que le Japon (en dehors des technologies nomades) souffre des mêmes difficultés culturelles que nous pour pouvoir pleinement exploiter les potentialités de l'Internet, mais qu'à l'inverse émergent de nouveaux foyers de développement de très haut niveau en Inde et dans le "monde Chinois" (périphérie du pacifique et Asie du Sud-Est)

Le classement du World Economic 2002 basé sur le jugement des businessmen de la planète, est certes très contestable, mais, avec une recul de notre pays de 10 places (a la 30ème place, l'Italie étant à la 39ème place) alors que les pays ayant misé sur internet caracolent en tête (Amérique du Nord mais aussi, Pays du nord et Dragons asiatique) doit néanmoins nous inciter à la reflexion

Certains philosophes ont même idéalisé cet état de fait dans un sommet de "french arrogance" en déclarant "la France ne prend pas du retard, elle prend du recul": espérons que le précipice n'est pas juste dans notre dos

Sur le plan de la technologie nous ne noterons cette année que la percée spectaculaire au niveau mondial de la technologie WiFi qui permet un accès sans fil beaucoup plus rapide que l'UMTS et infiniment moins cher arriveront-elle à se compléter ? certains en doutent et craingnent de nouvelles difficultés pour la "3G"

Confucius disait "l'ennemi de la connaissance n'est pas l'ignorance mais le fait que l'on croit savoir": ce rapport se donne comme objectif d'essayer d'aller au delà des apparence et de mettre le projecteur sur les éléments clé de cette mutation, la compétivité et les actions à entreprendre par les acteurs concernés

Un grand nombre de personnes (entreprises, sociétés de conseil, organismes de formation,…) nous ont suggéré d'assurer la mise à jour d'un rapport qu'ils utilisent comme document de référence (support de cours, source d'exemples d'application pour la sensibilisation et le conseil, guide méthodologique, …).

La présente version essaye de répondre à cette demande: Comme la précédente, celle-ci est consultable à l'adresse www.ensmp.fr/industrie/jmycs (depuis sa première publication ce rapport a reçu près d'un million de requêtes provenant de 103 pays), où il est possible de la télécharger ou de l'utiliser en format html comme plate-forme de navigation pour accéder à toutes les sources citées  (le sommaire très détaillé essaie de faciliter un accès direct et rapide à la préoccupation du lecteur).

En outre une page de News - www.yolin.net - permettra de continuer à l'enrichir progressivement par des développements spécifiques (formation, intelligence économique, développement économique local, création d'entreprises dans les NTIC, infrastructures et aménagement du territoire, Internet et collectivités locales, rapports de mission,…) et de rester à votre écoute pour continuer à capitaliser notre expérience collective

 

 

                                                                                                                                   Merci à tous